Encre noire.

"Il n'y a de terrible en nous que ce qui n'a pas encore été dit." L.F Celine. Voyage au bout de la nuit.

Testament et testicules.

A ma jeunesse végétative, je dédie.

Ma vieillesse contemplative.

Le bilan d’un anonyme. Qui n’aura finalement rien accompli.

Rien branlé.

Un constat contiens dans sa définition un aveu d’échec, d’impuissance et de non volonté.

Je suis le fruit de mon constat. Mon être en résultante. Le reste d’un quotient.

Dont on ne sait que faire.

Testament stérile.

Témoignage navrant d’une grosse feignasse.

Végétatif. Tel est mon nom.

Génération dégénéré. Orpheline. Je n’ai aucun combat à mener, aucun idéal à soutenir.

Je bulle dans mon confort, en regardant ce monde sombrer dans le chaos et les gens crever sous mes yeux avec une indifférence totale. Je m’en bas. Bouffi. Gavé de chips barbecue, je mesure l’être abjecte que je deviens. Et je ne fais rien.

Devenu insensible à la misère humaine, je veux juste végéter. Pépère.

Et crever.

En lâchant une caisse. Sur ce monde.

Une civilisation s’effondre. De la plus pitoyable manière. Sans feu.

Et sans froc.

Cette pornographie intellectuelle.

Hédonisme. J’aimais bien ton concept. Mais regarde ce que tu as engendré.

Des parasites.

Carpe diem de mes deux.

Tu m’as bien baisé.

 

Dex.

Sang interdit.

Je paierai alors le prix de l’abandon. Par le sang. Celui dans mes yeux. Celui qui se répand dans les creux. Etouffant les cieux.

Je veux abandonner les regrets, ma détresse, dans ce lit de vin. Emporté dans une chaleur pourpre et humide. Suivre la ligne qui se dessine doucement. Prend sa source dans mon être. Dans ma fin.

Ma vie s’échappe, en sens unique. Mort au goutte à goutte. Ce n’est pas douloureux finalement. Un corps qui se déverse. Sur le sol. A flots rythmés, calés sur les battements. Mes sens qui se vident. Qui me sont interdits désormais.

Le ciel devient si lourd.

Me pardonneras tu ma lâcheté ? Celle qui m’accable. Qu’il me faut libérer. Agonie. Transmet s’il te plaît, mon dernier souvenir. Dans la complainte du mourant. Dont tu pourras te nourrir.

Mon sens unique. Que je voudrais emporter. Si tu me le permets.

Serait l’oui. Entendre les anges m’emporter. Déchirer délicatement la soie de l’azur. Les rires des enfants en écho. Saluant mon départ.

Et peut être son crie. Tu m’as rendu tes sens. Interdits.

Je voudrais entendre… Si seulement j’entendais.

Je ne sens plus rien.

Tous mes sens interdits, il ne me reste plus qu’à partir.

Un point final aux lendemains.

Je laisse un sourire.

En cadeau, le sang. Dans la paume des mes mains.

 

Correspondance. (Droit de réponse)

Ou le monologue du non vivant. 

Droit de réponse.

Cher ami,

Je me permets ces quelques mots en réponse à votre courrier.

tout d’abord permettez moi d’exprimer ma surprise quant à votre initiative.

En effet toutes vos décisions, et par conséquents les notre, émergeaient jusqu’à présent du fruit de notre réflexion commune. Il apparaît très clairement aujourd’hui, votre émancipation et l’affranchissement de mon autorisation consciente.

Ce qui par déduction m’amène également à admettre la prise de conscience de mon inconscient.

Chose éminemment intéressante pour ma personne dans la mesure où cela représente un marqueur fort quant à notre projet.

Sombrer dans les abysses d’une folie certes absurde mais qui ne saurait l’être moins qu’une vie tout à fait ordinaire d’un individu lambda.

Pour cette raison, cher rivale, je vous invite à ne point vous décourager.

Votre autonomie, la raison nouvelle qui vous habite aujourd’hui et il faut bien le noter, la manière dont je m’adresse à vous comme à un réel personnage bien physique, sont autant d’indices sur ma fragilité mentale. Ou la notre devrais-je dire.

Votre existence, que je croyais jusqu’à présent assujettie à la mienne, ne suis-je pas d’abord l’initiateur de ma projection ?

Et non plus comme l’être que j’aurais enfanté à l’origine mais bel et bien une entité autonome disposant à loisir des mes facultés mentales et physiques et pleinement des mots qui sont les notre.

A la lumières des ces constats, je vous invite donc à nous retrouver dans une fin qui nous semble proche.

Et enfin être réconciliés dans le néant que nous appelons de nos voeux.

Dans l’attente,

Dex.

Correspondance.

Ou le monologue du non vivant.

 

Je n’ai pas la prétention. D’aucune sorte. Je suis une écriture.

Cher ami,

Ma perception éclairée sur les différentes variations et de manières épisodiques de mes humeurs. Je ne saurais trop vous conseillez de vous tenir loin de moi. Il apparaît en effet après nos multiples conflits jusqu’ici contenu dans un combat des plus respectueux, mon impuissance. Mon impuissance, vous l’aurez compris, à vous convaincre de l’évidence d’une vie innévidente. Voilà bientôt 36 années que cette correspondance stérile nous hante finalement tous les deux. Et je veux vous dire aujourd’hui que je vous délivre. Que je nous délivre.

J’aurai, sur vous, usé de toutes les tortures. Non sans un certain plaisir, je dois bien l’admettre. J’aurai, sur vous, usé de tous les charmes mis à disposition des hommes. Pour vous détourner de ces chemins en circuit fermé.

Vous ne comprendrez jamais. Alors que notre souvenir, notre mémoire est inscrite. Notre message organique. Cher moi…

Mais je n’ai eu en retour que votre ingratitude. Vous ne payez pas très cher mes efforts. Même si parfois, j’y ai bien cru. Alors que vous saisissiez enfin. La pureté de mon postulat. Dans la douleur.

Si j’existe, c’est que tu existes toujours.

Saisissez-vous l’ironie? Alors que ma raison d’être parasitaire est de ne pas. Être.

Vous m’offrez donc cette raison et pour autant vous la combattez avec toutes vos forces. Vous ne pourrez me reprocher de vous mettre face, une nouvelle fois, à cette contradiction.

Si je ne suis qu’une abstraction au regard de votre réalité tangible, alors comme le négatif d’une photographie, je suis notre être dans le chaos réciproque en réponse à notre folie concrète et infamante. De la même façon que l’infiniment grand se voit contenu. L’infiniment petit lui ne saurait distinguer aucune frontière.

En ces termes donc, je prends congé de vous et de vos fadaises, propres à déclencher chez moi une irrésistible et jouissive envie de nous tuer.

Cordialement,

Dex

Digresser le mammouth.

On m’enlèvera pas l’idée. C’est dans l’extrême qu’on s’illustre. Qu’on pose les nouveaux jalons. Le reste, c’est bon pour la distraction. Et c’est déjà pas si mal. C’est ce que je peux être au mieux. Distrayant. J’ai pas la vie pour plus que ça. J’ai pas l’époque. Ni le talent. Je la sens bien. La difficulté. Infranchissable. Pourtant on s’accroche. C’est de la lubie. Une petite folie. Les grandes inspirations naissent aux crépuscules de l’Histoire. Ca s’enfante souvent dans la douleur, les nouvelles références. Sans marqueur historique, on est qu’en roue libre. Les bulles qui nous sortent de la bouche. Epoque orpheline que je traverse. Je n’y vois rien de bon. Rien de mauvais. Je pourrais la résumé à ce seul mot.

Absurde.

Des fois, je voudrais être plus con. Quant à la chose des sentiments. On se sentirait mieux à ne sentir que ses propres envies égoïste de petits jouisseur moderne. La mollesse de ma vie cotonnée. Aussi utile qu’un étron. Il faudrait, une fois au moins, mettre ses baloches sur la table. Se détacher la vie. La parier contre le destin.

Le reste c’est du mou. Les grands frissons trépidants dans la chute fulgurante d’une flatulence. Penard.

On se crève plus la panse. On se crève le dos, la merde au cul. Ca a pas la fierté d’un pilleur de tombes.

“ L’homme moderne, c’est de la chienlit dans un champ de vertu. ”

Y a pas d’émulsion en tant de paix. On s’emmerde. Le calme avant la tempête. Et je sens venir les tempêtes. Avec elles, les odeurs de pluie et les jours sombres.

Cette époque finira dans un déchaînement de violence aveugle. On sait jamais désigner les coupables dans l’hystérie. Alors on s’entretue, on s’entretient, on s’envisage.

On s’entrecrève.

Ca colle pas pour l’éternité les rustines. Quand toute la futilité s’envole. On s’aperçoit qu’en fait on est rien. Ne reste que toute la richesse que l’on porte en soi.

Et pour nous autres aujourd’hui. Ca pèse peau de balle. On est bien mis! Dans cette époque. Quand même. Quelle dégueulasserie. C’est toujours celui qui concrétise qu’a les lauriers. Même à la toute fin. Le reste par au vent. Au vent des hypothèses. Les porteurs ceux sont les dindons de l’histoire. Qui pour se satisfaire aujourd’hui, du parfum des pissenlits ? Vraiment. Il y des bases qu’on abandonne. On veut le pain. Qui pour se soucier du pétrin ?

On reste du vent dans les voiles. Mais y a trop de courant d’airs, qui se prennent pour des zéphyrs.